I) L'Histoire des J.O

I, L’histoire des Jeux Olympiques.

A, Les origines des Jeux Olympiques


            Les premiers Jeux Olympiques antiques attestés eurent lieu en 776 av. J.-C. Ils se deroulèrent alors regulièrement pendant les 1000 ans qui suivirent.
Le Jeux avaient lieu à Olympie, le village d'une vallée sacrée, à environ 500 Km au sud-ouest du Mont Olympe, en Grèce. Les Jeux Olympiques antiques étaient considérés comme des festivals religieux, sportifs et culturels, en l'honneur de Zeus, le père des dieux. Les grecs de l'antiquité croyaient que le corps comme l'esprit avait besoin de discipline et que ceux qui pratiquaient cette discipline seraient en mesure de mieux honorer Zeus. Ces Jeux avaient lieu tous les quatre ans et seuls les citoyens grecs avaient le droit d'y concourir.

La Grèce Antique était divisée en états indépendants, souvent en guerre les uns contre le autres. A l'occasion des Jeux, une trêve officielle était déclarée, appelée ‘Ekecheiria'. Cela signifiait que les athlètes pouvaient voyager sans danger pour se rendre aux Jeux et en revenir. Toute violation de cette trêve était passible de la peine de mort. Les jeux joués déjà un important rôle politique. Les prix destinés aux vainqueurs lors de ces Jeux antiques étaient des couronnes faites de rameaux d'olivier.

Le programme des compétitions se met progressivement en place. Lors de la première édition des Jeux (776 av. J.-C.), une seule épreuve est disputée : c'est la course pédestre du stade (environ 192 m). En 776 av. J.-C., la course pédestre du double stade (diaulos) est introduite dans le programme, puis quatre ans plus tard, la première épreuve de fond fait son apparition : le dolichos, soit 24 stades (environ 4600 m). Le pentathlon est introduit au programme olympique en 708 av. J.-C. en même temps que la lutte. Le pugilat arrive en 688 av. J.-C. et le pancrace en 648 av. J.-C.. La course d'hoplites (course pédestre en tenue militaire) fait son entrée au programme en 520 av. J.-C.

Du côté des courses hippiques, les courses de quadriges (quatre chevaux) figurent au programme olympique depuis 680 av. J.-C.. Les courses montées se disputent depuis 648 av. J.-C.

Des épreuves de course et de lutte réservées aux juniors sont ajoutés au programme olympique en 632 av. J.-C.. Un concours de pentathlon (628 av. J.-C.) et un autre de pugilat (616 av. J.-C.) viennent ensuite compléter le programme olympique des juniors.

Durant l'antiquité Grecque, les femmes étaient exclues des Jeux. Les femmes mariées n'avaient pas le droit d'assister aux épreuves, seule la grande prêtresse de Déméter et les jeunes filles avaient ce droit. Les femmes mariées qui assistaient aux jeux pouvaient être condamnées à mort.
En plus de ce programme sportif, des concours culturels étaient organisés. Platon est ainsi sacré deux fois « olympionique ».

En 393 l'empereur romain Théodose 1er décrète l'interdiction des jeux car ils sont considérés comme étant un vestige païen par l'évêque Ambroise.

 

B, La renaissance des Jeux Olympiques

 

Pierre de Coubertin naît le premier janvier 1863 à Paris, pour décéder le 2 septembre 1937 à Genève. Pierre de Coubertin laissera son nom à l'Histoire notamment comme grand historien et pédagogue français, mais aussi et surtout par le rôle fondamental qu'il jouera en faisant renaître de leurs cendres les Jeux Olympiques...

 

Pierre de Coubertin est issu d'une famille aristocratique parisienne. Il s'écarte rapidement de la voie toute tracée d'une carrière politique ou militaire. Il s'inspirera de ses nombreuses visites dans les universités américaines ou anglaises dans lesquelles il a étudié pour conceptualiser des méthode d'amélioration de l'éducation... Pierre de Coubertin juge en effet l'éducation de son époque désuète, inefficace, et il tentera de donner au sport une place à part entière dans le système éducatif français. Ainsi, il dira préférer nettement les jeux plutôt éducatif pour redonner un sens au développement de l'individu, contrastant fondamentalement avec par exemple la gymnastique suédois ou l'athlétisme allemand, quasi militaire. Sportif lui-même, Pierre de Coubertin pratique l'équitation, l'escrime, l'aviron... et même la boxe ! Selon lui, le meilleur moyen pour redresser l'esprit est la pratique sportive et physique...

Le 23 juin 1894, à la Sorbonne (Paris), les délégués de neuf pays fondent le Comité International Olympique (CIO). De ce jour date la renaissance des Jeux Olympiques. Le Baron français Pierre de Coubertin fonda les Jeux Olympiques modernes, dans le but de réformer l'éducation française. Le but des Jeux Olympiques modernes est de contribuer à bâtir un monde pacifiste et meilleur, en éduquant les jeunes par le biais de sports pratiqués sans discrimination aucune, et dans l'esprit Olympique qui implique : compréhension mutuelle et camaraderie, solidarité et fair-play. Le Baron de Coubertin a tenu une conférence internationale à Paris pour discuter de l'idée des Jeux Olympiques modernes. C'est à l'occasion de cette conférence, le 23 juin 1894, que le Comité International Olympique a été formé.

   Les premiers Jeux Olympiques de l'époque moderne ont été inaugurés le 5 avril 1896 par le Roi George Ier à Athènes. Les premiers Jeux Olympiques d'Hiver ont eu lieu en 1924. Puis viendront les jeux paralympiques en 1960.

 

                                                                               

Le baron Pierre de Coubertin

 

C, Les affaires politiques des jeux olympiques.

 

 

Jesse Owen triomphe lors des JO de Berlin et ridiculise les théories hitlériennes.


   L'exceptionnelle couverture médiatique des JO, leur universalité, font de ces derniers une cible parfaite afin d'assurer un écho maximal à toute action, notamment politique :


- En 1936, à Berlin (Allemagne), le régime nazi s'approprie les JO. Dans les années précédant les Jeux, certains gouvernements et organisations sportives montraient leur inquiétude au sujet du régime et de sa politique : la menace du boycott plane sur les JO. Finalement, c'est essentiellement par convictions personnelles que certains athlètes refusent d'y participer Hitler entend se servir des JO comme outils de propagande. La prétendue supériorité de la « race aryenne » devrait donc être confirmée par les performances des athlètes allemands. Les 4 médailles d'or remportées par Jesse Owen, athlète noir américain, ridiculisent au contraire les théories racistes du führer qui quitte la tribune d'honneur dépité et refuse de serrer la main du vainqueur.


 - En 1968, à Mexico, les deux sprinters américains Tommie Smith et John Carlos protestent contre la ségrégation raciale qui continue de sévir aux Etats-Unis. Lors de la remise des médailles, ils brandissent le poing ganté de noir, tête baissée, à la manière du Black Power. L'image fait le tour du monde et souligne le rôle primordial que joue désormais la retransmition des jeux olympiques à la télevision.

Tommie Smith et John Carlos protestent contre la situation raciale dans leur pays.


 - Lors des Jeux de Munich, le 5 septembre 1972, en pleine nuit, un commando de terroristes palestiniens, le groupe Septembre noir, pénètrent dans le village olympique et prend en otage les membres de l'équipe israélienne. Ils réclament la libération de 200 Palestiniens, emprisonnés en Israël. Cette prise d'otages se solde par un massacre (11 morts Israéliens, 5 terroristes et un policier allemand) et souligne l'incompétence du service de sécurité et de la police allemande, complètement dépassés par les événements.

 

 

 

Commando palestinien "Septembre noir", en 1972, à Munich.

 - Après un événement marquant: l'Egypte, le Liban et l'Irak boycott les JO de Melbourne, en 1956, afin de dénoncer l'occupation franco-britannique du canal de Suez. L'Espagne franquiste, la Suisse renoncent aux jeux pour protester contre la répression soviétique en Hongrie.


   L'organisation des JO offre une visibilité internationale exceptionnelle et permet au pays d'accueil de se mettre en valeur : l'Allemagne nazie entend utiliser les Jeux comme une vitrine du régime ; l'URSS espérait beaucoup de la réception des Jeux en 1980 sur son territoire, le boycott occidental l'affecte ainsi particulièrement.

Affiche anarchiste hostile aux JO de Moscou.

 

 

 

  Dans un contexte de rivalités exacerbées, la compétition sportive devient parfois très rude. Ainsi, au cours de la guerre froide, la suprématie sportive devient un enjeu très important, car elle est susceptible d'illustrer la supériorité d'un modèle. Les deux Grands n'hésitent pas à boycotter les JO, s'ils se tiennent dans le camp adverse. Ainsi en 1980, afin de protester contre l'invasion soviétique en Afghanistan, le président Carter refuse la participation des Etats-Unis aux Jeux organisés à Moscou. Une soixantaine d'autre pays du bloc de l'ouest refusent aussi de se rendre en URSS, ce qui décrédibilise en grande partie la compétition.
Quatre ans plus tard, c'est au tour des Soviétiques et d'une quinzaine de pays socialistes de boycotter les Jeux de Los Angeles (la Chine envoie en revanche des athlètes).
 Le décompte des médailles dépasse donc la simple compétition sportive (les Soviétiques triomphent en 1956, 1960, 1972, 1976, 1988 . Les Américains occupent la première place en 1964 et 1968).
 Les épreuves sportives opposant directement les deux Grands constituent ainsi des moments forts. En 1972, à Munich, l'équipe de basket soviétique met un terme à l'invincibilité américaine dans la discipline qui durait depuis 1936. Dépité et en colère contre l'arbitrage, les Américains refusent la médaille d'argent.

Victoire américaine sur les Soviétiques lors des JO d'hiver de Lake Placid en 1980

  - Les résultats des deux Allemagne sont également observés avec une attention particulière (en 1972, à Munich, la RDA devance le frère ennemi sur son propre territoire ; RDA=20, RFA=13). Pour le régime castriste, les succès des sportifs cubains prouvent l'efficacité de sa politique éducative et sanitaire.

  - En 1952, la Yougoslavie de Tito l'emporte 3 à 1 face à l'ombrageux « grand frère » soviétique lors d'un match de football, preuve de la supériorité du titisme sur le stalinisme pour les Yougoslaves.
Afin de distancer l'adversaire, le recours au dopage n'est pas exclu (de lourds soupçons pèsent sur les nageuses est-allemandes par exemple dont la carrure laisse perplexe).

  - A Helsinki, en 1952, la construction de deux villages olympiques distincts pour les membres des deux blocs est l'illustration de la bipolarisation du monde.
Trois ans après la chute du mur de Berlin, les Jeux de Barcelone, en 1992, apparaissent comme ceux de la réconciliation internationale: une seule équipe allemande, la réintégration de l'Afrique du sud.

  - La participation d'une nation revêt parfois une grande importance symbolique. Israël participe pour la première fois aux épreuves en 1952. Le CIO, avant l'ONU, reconnaît la Chine populaire qui envoie une délégation d'athlètes à Helsinki (1952), ce qui provoque aussitôt le retrait de Taiwan (la Chine de Mao ne participe pas aux Jeux suivants par choix idéologique).

  - Avec la décolonisation, les pays africains font leur entrée dans le mouvement olympique lors des JO de Rome en 1960. Les athlètes palestiniens défilent derrière leur drapeau à Athènes en 2004.

   L'exclusion des Jeux, au contraire, stigmatise un Etat jugé indigne de participer à ce moment théoriquement fédérateur. L'Allemagne et le Japon sont absents des Jeux de Londres en 1948 après le conflit mondial. A Tokyo, en 1964, le CIO exclut l'Afrique du sud à cause de l'apartheid (lors des jeux de 1968, 1972 et 1976 de nombreux pays africains boycottent les JO pour protester contre l'apartheid).

 

 
   Si le sport peut être en avance sur la géopolitique, il ne faut pas exagérer ce phénomène. Contrairement aux espoirs de beaucoup, les JO organisés en Corée du sud en 1988 ne permettent pas la présentation d'une seule équipe coréenne, réunissant Coréens du nord et du sud. Le Nicaragua, Cuba, l'Ethiopie et la Corée du nord boycott ainsi ces jeux.
De la même manière, les protestations de reporters sans frontières, qui dénoncent les atteintes aux droits de l'Homme, n'empêchent pas le choix de la Chine comme pays d'accueil des Jeux en 2008.

 

 

Affiche de reporters sans frontières dénonçant les violations des droits de l'homme en Chine.

 

 

 

Un moyen de protester ou de dénoncer une situation politique contestée, le boycott:

  

 

 

 - En 1956, à Melbourne (Australie), la crise du Canal de Suez et la répression soviétique en Hongrie provoquent une forte réaction de la part de certains pays qui refusent d'envoyer leurs athlètes aux Jeux.

 - L'Union soviétique ne participe que très tardivement aux JO (première participation à Helsinki en 1952), préférant organiser ses propres épreuves sportives dans le cadre des Spartakiades.

 

 Mais les JO ont aussi un rôle diplomatique et plusieurs faits peuvent en attestés :

 

 - À partir des années 1950, les JO fournissent aux nations nouvellement créées l'occasion de signaler leur existence. Leur apparition aux Jeux a souvent préfiguré une reconnaissance plus généralisée sur le plan international (ex. certains pays africains, les républiques de l'ancien bloc soviétique). Il arrive même que la participation de certains athlètes aux Jeux anticipe la formation politique de leur pays d'origine (ex. le Timor oriental, petit pays situé à côté de l'Indonésie et indépendant depuis 2002).

 - Lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Sydney (Australie), en 2000, la Corée du Sud et la Corée du Nord ont défilé ensemble sous un même drapeau. Cet acte n'a pas de précédent depuis que les deux États ont mis fin à leurs relations diplomatiques à la suite de la guerre de Corée (1950-1953).

 - Toujours à l'occasion des Jeux de Sydney, le statut des Aborigènes fait la une de l'actualité, et plusieurs manifestations sont organisées afin de mieux connaître leurs revendications. La dernière étape du relais de la flamme est confiée à l'athlète aborigène Cathy Freeman, tandis que la culture du peuple aborigène est au coeur de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques.

 - Aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004, en dépit de la guerre qui continue à faire rage dans son pays, l'équipe iraquienne de football s'est qualifiée pour le tournoi olympique et a même atteint les demi-finales.

Les affaires poliques sont donc multiples durant les Jeux Olympiques et relayent même parfois le sport en second plan. La politique a donc une place trés importante dans cette compétition sportive et il en est de même pour l'économie.

 

 

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